Elle est toujours là, laissée dans un évent, au milieu d'un temps qui n'est pas le sien. Cet antre n'est plus à l'heure dans une rue fourmillante de voitures modernes, il est souillé, outragé, son intimité et ses souvenirs brûlés, violés par deux empruntés dérobés dans un élan d'usurpation. Ainsi, pouvoir freiner le temps histoire de le rattraper, et de songer à celle qui lisait ce magasine "porte bonheur" des années 50, trouvé sur le plancher. La publicité n'était alors peut être pas encore mensongère à cette époque, puisqu'il est le seul survivant avec les rideaux et le papier peint rétro. Les mots sont pourris, comme le matelas des squatteurs. Ce qu'il faut voir, c'est la maison, la deux chevaux, la bicyclette, et les hortensias blanches reposés en plein c½ur d'une rue brutale, bruyante, grise, et encombrante. Dans le décalage horaire, on se sent bien, l'air est encore feutré et chaud, peut être à cause des voitures qui passent, mais tant pis. & si les hortensias font le plus joli buisson de la rue, c'est surtout parce qu'elles ont séchés, comme se sont envolé les larmes et les habitants de la maison.
♪ to be alone with you, sufjan stevens.